20 Mai MOSH et MOAH dans la sécurité alimentaire : comment anticiper le risque
QUE SAVONS-NOUS DES MOSH ET MOAH ?
Les hydrocarbures d’huiles minérales, ou MOH, figurent parmi les contaminants émergents les plus étroitement surveillés en matière de sécurité alimentaire. Ils se divisent en MOSH, qui sont des hydrocarbures saturés, et en MOAH, qui sont des hydrocarbures aromatiques ; cette distinction est importante car l’EFSA indique que les MOSH peuvent s’accumuler dans les tissus, tandis que les MOAH — en particulier ceux comportant trois cycles aromatiques ou plus — soulèvent des préoccupations toxicologiques en raison de leurs propriétés génotoxiques et cancérigènes potentielles.
Cette préoccupation a accru l’attention portée à leur présence et à la manière dont ils pénètrent dans la chaîne alimentaire. Les MOH peuvent être introduits lors de la récolte, du transport, de la transformation ou de l’emballage à partir de sources telles que les lubrifiants de machines, les gaz d’échappement, les auxiliaires technologiques ou la migration depuis des matériaux en contact avec les aliments comme le papier et le carton recyclés, les encres d’imprimerie et certaines cires.
Par conséquent, les MOSH et MOAH n’affectent pas seulement une catégorie de produits, mais plusieurs types d’aliments, notamment les huiles, les céréales, le chocolat, le café, les préparations pour nourrissons et les compléments alimentaires. Les autorités et les documents techniques s’accordent à dire que la contamination peut provenir des matières premières, de la transformation industrielle ou de l’emballage final, de sorte que l’évaluation des risques doit être globale et ne pas se limiter aux tests du produit fini.
Cadre réglementaire
Dans ce contexte, le règlement (UE) 2023/915 de la Commission demeure la référence centrale de l’UE pour les teneurs maximales de certains contaminants dans les denrées alimentaires. Bien que ce règlement soit déjà en vigueur en tant que cadre, la Commission européenne travaille sur une modification spécifique visant à introduire des teneurs maximales pour les MOAH dans les aliments, tandis que les MOSH continueront d’être traités par le biais de valeurs de référence utilisées pour le contrôle et l’investigation.
Cette évolution réglementaire est significative car l’UE s’oriente vers des limites maximales pour les MOAH, tandis que les MOSH sont gérés par des valeurs indicatives. Les valeurs de référence envisagées comprennent 0,5 mg/kg pour les aliments secs à faible teneur en matières grasses ou en huile, 1 mg/kg pour les aliments contenant plus de 4 % et jusqu’à 50 % de matières grasses ou d’huile, et 2 mg/kg pour les matières grasses, les huiles ou les aliments contenant plus de 50 % de matières grasses ou d’huile.
Ces valeurs servent déjà dans la pratique de seuils d’action. Lorsque des MOSH ou MOAH sont détectés dans un aliment, les opérateurs sont tenus d’enquêter sur la source de contamination et de mettre en œuvre des mesures correctives, en intégrant le contrôle des MOH dans la gestion préventive de la sécurité alimentaire.
De plus, le projet de révision lié au règlement (UE) 2023/915 indique une date d’application prévue au 1er janvier 2027 pour les nouvelles limites de MOAH. Cette date apparaît dans la documentation sectorielle comme l’horizon réglementaire attendu, en attente de la publication formelle de la modification finale.
Retraits du marché européen
Ces dernières années, les alertes concernant les MOSH et MOAH se sont également reflétées dans le système RASFF de l’UE, le réseau d’alerte rapide utilisé par les autorités pour communiquer les risques et permettre les retraits ou les contrôles renforcés. Des notifications ont été enregistrées dans plusieurs États membres, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne, confirmant qu’il s’agit d’une préoccupation commune du marché plutôt que d’incidents isolés.
Comment devons-nous agir ?
Compte tenu de ce scénario, les entreprises ne doivent pas se limiter aux tests du produit fini, mais mettre en œuvre une stratégie préventive documentée. Cela comprend l’examen des matières premières, des fournisseurs, des lubrifiants et des auxiliaires technologiques, la vérification de l’adéquation des emballages (en particulier lorsque du carton recyclé est utilisé) et l’application de méthodes analytiques appropriées pour détecter et confirmer de manière fiable les MOSH et MOAH.
Dans la pratique, l’évolution réglementaire pousse l’industrie alimentaire vers une diligence raisonnable plus large. Les entreprises devront démontrer l’identification des points critiques de contamination, la surveillance continue des processus et des mesures efficaces pour prévenir, enquêter et corriger tout incident avant que les produits n’atteignent les consommateurs.

CONCLUSION
Les MOSH et MOAH représentent actuellement l’un des principaux axes réglementaires émergents en matière de sécurité alimentaire au sein de l’Union européenne. Au-delà de la conformité analytique, la tendance réglementaire s’oriente vers une approche de gestion préventive globale fondée sur la traçabilité, le contrôle des fournisseurs et la validation des matériaux et des processus.
Dans ce contexte, chez Boavit Nutrition SL, nous anticipons les futures exigences réglementaires, en renforçant nos contrôles internes pour minimiser les risques et en travaillant à répondre rapidement aux incidents éventuels, garantissant à tout moment la sécurité et la conformité réglementaire de nos produits.

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